Papiers de Chine

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Mot clé - problèmes

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vendredi 25 avril 2008

Trains d'enfer

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Petite série de photo prise une nuit, dans les gares et les trains reliant Pékin à Jinan puis Jinan à Qufu. Comme j'étais en sur-réservation sur le premier voyage, j'avais découvert les trains chinois dans ce qu'ils ont de plus inconfortables: pas de place assise, et à peine une place debout. Pour pouvoir fermer la porte du train, les employés de la gare sont obligés de pousser les gens à l'intérieur. pire que le métro aux heures de pointe. J'ai fait 6 heures de trajets comme ça, debout ou assis sur mes talons, le dos contre la porte (humide) du train, la tête sur mes genoux, a essayer de dormir. Au moins, on se fait des amis dans ces conditions.
trains1 Quand je suis descendu à Jinan, mes nouveaux potes, debout depuis déjà 6 heures, continuaient jusqu'à Qingdao, soit 5 heures de trajet de plus...

Nous on allait à Qufu. Dans le second train (3 à 4 heures de trajet, je crois), on avait une place assise, ce qui n'étais pas le cas de tout le monde.
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Mais Qufu, ville natale de Confucius, valait bien ces voyages un peu inconfortables.
qufu

mercredi 19 mars 2008

Voyage en Chine (4) : « Le pire épisode neigeux depuis 50 ans »

(Résumé des épisodes précédents : Thierry, sa copine et leur parents, en vacances en Chine pendant le nouvel an chinois, veulent aller de Hangzhou à Shanghai en train, pour prendre l’avion à l’aéroport de Shanghai).

Sur cette période là, la Chine a connue son pire épisode neigeux depuis un demi-siècle. Des mètres de neige dans le centre du pays. Voix ferrées coupées, pylônes électriques démolis, routes bloquées, pénuries énergétiques, pénuries alimentaires. Plusieurs dizaines (centaines, probablement) de morts dus aux effondrement de maisons sous le poids de la neige, aux accidents, au froid. Des régions entières bloquées. Des milliers de personnes coincées dans les gares ferroviaires et routières, campant sur place parfois pendant une semaine en attente d'un train, avec enfants et cadeaux du nouvel an soigneusement empaquetés.

Et nous.

Pour aller de Hangzhou à l’aéroport de Hongqiao, à Shanghai, le plus simple en temps normal est de prendre la navette directe. Problème. Routes bloquées par la neige: la navette ne circule pas. Tant pis, on reprend des billets de train. Heureusement, avec 20 trains par jours entre Shanghai et Hangzhou, on trouve des places. Le jour venu, on va à la gare.

Et la, une foule monstrueuse nous barre l’accès. La place devant la gare, ou quelques jours plus tôt on circulait sans problème, est noire de monde. L’entrée de la gare est bloquée : la ou normalement on trouve un gros passage ou peuvent passer 10 hommes de front, il y a des barrières plus hautes qu’un homme. Nouvel an chinois + tempêtes de neige : l’armée a été appelée à la rescousse. Pour éviter que la foule n’investisse la gare et ne prenne d'assaut les trains, elle en bloque l’accès.

La région est particulièrement touchée par les problèmes de circulation. Des milliers de personnes restent bloqués un peu partout en Chine dans les gares, leurs trains ne pouvant pas partir. Pour entrer dans la gare d’Hangzhou, il faut :

-traverser la foule (et quand je dis foule, imaginez le métro parisien en heure de pointe et en pleine grèves, et doubler le nombre de personne par deux)

-attirer l’attention d’un militaire en lui tapant sur l’épaule

-prouver que notre train part bientôt (coup de pot, la ligne Hangzhou-Shanghai n'est pas bloquée)

-passer à travers la file de militaires qui gardent la seule minuscule entrée de la gare (une personne à la fois).

Facile à faire quand est 6, qu’on parle mal chinois, et qu’en plus mes parents, en gros baroudeurs, on pris des valises à roulettes…

On avance dans la foule tant bien que mal. On discute avec un flic. On essai de passer. On nous refuse l’accès. On réessaie. Le flic nous indique un autre endroit. On essaye avec un militaire. Il nous dit de passer. Ok, on y va. Ha non, problème: on n’est plus que 4, deux d’entre nous sont partis vers l’endroit indiqué par le flic. On nous pousse pour passer, alors qu’on cherche toujours les manquants. On stress. Par chance, on se retrouve dans la foule. On passe tous dans la gare. Ouf, on est dans le train. On vient de vivre une situation de crise, sans vraiment sans rendre compte.

Pour nous, ça a duré quelques dizaines de minutes, et c’était déjà l’angoisse totale. Pour beaucoup de chinois, bloqués dans les gares, ces situations dureront plusieurs jours.

Arrivée à Shanghai, taxi jusqu’à l’aéroport.

Aéroport ou tous les panneaux annoncent que la plupart des vols sont retardés, ou annulés. La neige, toujours.

On attend. Le Sud est de la Chine est paralysé. Pour le centre, ou on va, finalement, ça va. En lisant le journal, j’apprends que moins d’une semaine plus tôt, l’aéroport de Zhengzhou, était paralysé par la neige. Coup de pot, on passe après la tempète. Sur place, il reste de la neige, mais le ciel est bleu, le temps très agréable. Ouf. On a survécu au nouvel an chinois sous la neige. On le refera pas deux fois, je pense.

Voyage en Chine (3): Des vacances à un train d’enfer

Petit post texte, sans photos, pour s’attarder un moment sur ce qui a été la grosse galère du voyage : les transports.

Comme signalé précédemment, on a eu la bonne idée de prévoir de voyager en Chine pendant les vacances du nouvel an chinois (calculé selon un calendrier lunaire, et donc qui tombe approximativement début février ; cette année, le nouvel an était le 7, et les vacances commençaient une ou deux semaines avant). Ces vacances sont quasi-sacrées pour les chinois, qui à cette occasion tentent tous de retourner dans leur région d’origine pour passer les fêtes en famille. Résultat : chaque année, un bordel monstrueux dans toutes les gares de Chine. On le savait, pourtant, mais tant qu’on n’est pas devant le fait accompli, on a du mal à comprendre l’ampleur de l’événement.

En Chine, la vente de billets de train est régie par des lois aussi obscures qu’incompréhensibles pour les étrangers. Les billets de train sont mis en vente parfois une dizaine de jours à l’avance, ou une vingtaine pour certains trains rapides, ou trois jours parfois. Y’a sûrement une logique la dedans, que je n’ai pas encore compris. Ce que j’ai compris, par contre, c’est qu’il est impossible de réserver plusieurs semaines à l’avance ses tickets.

En plus, on ne peut les acheter que depuis la gare de départ ou d’arrivée du train, ce qui complique encore les choses.

Les premiers billets qu’il a fallu prendre, c’était les Pékin-Shanghai pour Morgane et ses parents. Le trajet avait lieu le 19 janvier, et j’ai acheté les billets aux alentours du 12. Déjà, plus de couchettes : ils ont du faire les 14 heures de trajets en siège. Génial, quand on vient déjà de se taper 12h d’avion et que le décalage horaire vous flingue la cervelle. Mais bon, y’avait des billets.

Ensuite, il a fallu réserver les billets pour les courts trajets autour de Shanghai : pas trop de problèmes pour ça.

Les problèmes, c’est après. De Hangzhou, on était censé aller aux Montagnes Jaunes et des montagnes jaunes à Guilin. Avant même d’essayer, on a décidé d’annuler les Montagnes Jaunes et d’aller directement à Guilin. Problème : on a jamais réussi à avoir de billets.

Steven, qui était à Hangzhou, a essayé de nous acheter des Hanghou-Guilin: peine perdu, malgré deux tentatives à la gare. On a tenté ensuite de prendre des Shanghai-Guilin : toujours impossible. On a finalement compris que pour les vacances du nouvel an, non seulement certains guichets de la gare de Shanghai changeaient de fonction (genre les départs du jour devenaient les réservations à plus long terme, et vice-versa), mais qu’en plus certaines règles particulières s’appliquait selon les provinces et les jours (tel province, réservations ouvertes 14 jours à l’avance du 20 janvier au 7 février ; tel autre, 7 jours à l’avance jusqu’au 4 février ; je dis n’importe quoi, mais grosso modo c’était ça). On a changé nos plans : exit Guilin, direction Zhengzhou, dans le centre du pays. Toujours pas de billets de trains. On s’est levé deux fois à 5 heures du mat’ pour aller faire la queue à la gare, dans l’espoir que de nouvelles réservations soient ouvertes. Des prunes.

Finalement, on a pris l’avion Shanghai-Zhengzhou.

Et allez comprendre, alors que les trains sont pris d’assaut, acheter des billets d’avion s’est fait sans problème. C’est plus cher, mais pas non plus hors de prix. Enfin…

Nouveau problème : de Hangzou, il fallait revenir à Shanghai pour prendre l’avion.

C’est la qu’on s’est rendu compte qu’on était maudit…

(La suite demain)

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