Papiers de Chine

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Mot clé - coiffeur

Fil des billets - Fil des commentaires

vendredi 16 novembre 2007

Résumé des épisodes pas racontés

Bon, apparemment, quand je ne blog plus, vous vous ennuyez. Certaines se retrouvent même obligé de bosser plutôt que de glander en venant me lire. L’horreur…
Donc, désolé pour cette petite parenthèse sans posts. J’ai été un peu occupé ces derniers temps, et le blog n’était pas ma priorité.

Résumé des derniers jours :

  • Je suis retourné à Jinan. Avec Mo, on est montés sur la montagne aux Milles Bouddhas, une grosse colline située à Jinan.

bouddha1
bouddha3
bouddha2
(Photos Copyright Mo)

C’est censé être une colline bouddhiste, mais on y trouve quand même pas mal d’attrape-touristes qui détonnent un peu dans le paysage. Du coup, hop, petite vidéo. Pas la meilleur de la série, mais ça vous permettra au moins de vous moquer de mes cheveux.
La Chine pour les nuls épisode 11 - Bouddhisme touristique.

A part ça, comme il y a peu d’étrangers à Jinan, et encore moins sur les collines bouddhistes, j’ai encore fait sensation avec ma tête de laowai : on m’a pris en photo deux ou trois fois, j’ai fait marrer les gens en parlant chinois… Ca devient classique, mais c’est toujours aussi drôle.

  • J’ai eu plein de boulot. Comme quoi, même si j’en parle pas souvent, on bosse ici. Au programme, un essai de 2000 mots en anglais à rendre (thème : My view of how to do business in China), un contrôle de chinois, un contrôle de Marketing… Et c'est pas fini: j'ai une grosse dictée la semaine prochaine, et un autre essai à rendre en anglais à plus long terme…
  • Pour éviter que vous vous moquiez trop longtemps, je suis passé chez le coiffeur. Moins drôle que la première fois : ils ne m’ont pas proposé de massage, ça n'a pris que 20 minutes, j’en ai eu que pour 20 yuans. Pourtant, je m’étais préparé, j’avais emmené un dico franco-chinois au cas ou… Même pas eu besoin. On va dire que c’est parce que mon niveau de chinois s’est grandement amélioré…

jeudi 6 septembre 2007

L’empire de la raie au milieu

La bonne idée de la soirée : aller chez le coiffeur. J’en parlais depuis mon arrivée en Chine, je l’ai enfin fait. D’où le jeu de mot pathétique dans le titre de ce post, dont je préfère m’excuser tout de suite.
Steven avait testé le salon de coiffure un jour avant moi, et en était revenu tout content parce qu’il avait eu droit à un super massage après le shampoing. Ok, bon, ça s’est bien passé, il n’est pas plus moche que d’habitude, donc ce soir, après avoir regardé un DVD avec mes collocs, je teste. Oui, en chine, on peut se faire couper les cheveux à 22 heures.

Arrivé au salon de coiffure, j’entre, plein d’assurance. Direct, une shampouineuse me prend en charge, et commence à me parler en chinois. Heu… «Ting bu Dong!» (=«Je ne comprends pas», pour ceux qui n’auraient pas suivi les épisodes précédents). Bon, je sors une photo de moi avec une bonne coiffure, je tente de lui expliquer que je veux la même tête. Ca à l’air de marcher. Shampoing, donc. Déjà, j’ai le choix entre trois types de shampoings, à trois prix différents. Je prends le moins cher. Et c’est parti pour un shampouinage sympa, avec un (léger) massage des épaules à la fin. Bon, ça doit pas être ça le massage dont Steven m’a parlé, c’était trop léger. En me rinçant la tête, ma shampouineuse recommence à me parler chinois. « Ting bu dong », toujours. Elle tente l’anglais : « Massage ? ». Ha, enfin ! Yes. Heu… Shi. Truc. Yao. C'est ça, Yao. Enfin Oui, quoi. Je veux le même massage que Steven, moi.

La miss me fait me relever, et me guide vers une salle un peu plus loin. Tiens, Steven m’a pas parlé de ça. Dans la salle, quatre lits spécialement conçus pour les massages. Ha, carrément ? Bon apparemment faut que je m’allonge. Et vla qu’elle reparle chinois. « Ting pu dong », toujours. Il est plus que temps je révise mon chinois, moi. La miss revient avec un téléphone portable. Au bout du fil, une voix m’explique dans un anglais plus qu’hésitant : « Massage, one hour, 200 yuans. » Ma belle assurance du début tombe d’un coup. Oula, y’a maldonne, la. Moi je voulais juste le petit massage qu’il y a en prime avec le shampoing. Comment ça c’est déjà fait ? Ha, ben Steven a pas du avoir beaucoup de massages dans sa vie alors…

Dix minutes plus tard, on en est toujours à peu près au même point : j’essaye d’expliquer à ma shampouineuse-masseuse et à la voix au téléphone, dans un sabir Franco-anglo-chinois, que je me suis gouré, que je ne veux pas un grand massage. Manifestement, en face, elles comprennent rien. Je leur dit que je n’ai pas 200 yuans. Le prix passe à 150. Mais c’est pas ce que je veux, moi ! Ho et puis aller, après tout, massage à 150 yuans, shampoing à 10 yuans et coupe de cheveux à 15 yuans, ça fait 175 yuans, soit 17,5 euros en France, le prix d’un bon coiffeur… Et pis, j’aurais probablement testé les massages chinois un jour ou l’autre, alors… Top là.

Par chance, je suis venu en tongs, bermuda et T-Shirt. (Et oui, ici il fait suffisamment chaud pour se balader en tong et bermuda à 22h, désolé pour ceux qui sont sous la pluie en ce moment). Rien à enlever pour le massage, de toute façon on est pas dans un spa, les massages se font tout habillés, ici. Et c’est parti. Allongé sur le dos, on commence par le visage : massage, lavage, gommage… la totale. Ma masseuse me fait également réviser mon chinois, bien que mon vocabulaire soit limité. En bande-son, le salon de coiffure passe du rock chinois ou anglais. Et Ozone, aussi, avec son tube interplanétaire imprononçable. Youpi. Fin du massage de la face, j’ai le visage tout propre. Du coup, ma masseuse me met des petits carrés de bande pansement sur les yeux. Ha bon ? Et la, un truc froid, gluant et un peu puant me tombe sur la face. Youpi, ça doit être un masque à l’avocat ou un truc du genre. Je vois plus rien. Et c’est à ce moment là que la radio du salon de coiffure se met à cracher « Est-ce que tu m’entend hé ho, est-ce que tu me voit hé ho ». Je suis mort de rire: faire 12 heures d’avions pour se retrouver sous un masque à l’avocat à écouter Tragédie, groupe de rap nantais, fallait le faire. J’explique à la coiffeuse que c’est une chanson française. Cool, elle comprend. Et elle continue le massage : épaules, bras, mains, doigts. Et à la fin, elle chope les doigts, et fait tourner tout le bras comme une corde à sauter, avant de le reposer. Oulala. C’est super bizarre, mais ça fait vraiment du bien. La voila qui passe aux jambes. Puis qui m’enlève le masque, pour que je puisse me retourner. Et massage du dos. Je me sent tout léger. Et dommage, c’est déjà fini. Je retourne dans la salle commune, ou un coiffeur sympa déjà croisé quand je suis arrivé me prend en charge. « Like your photo ? » Heu, oui, comme ma photo svp. Chlic chlic chlic. Mes cheveux tombent pendant que mon coiffeur me fait la conversation dans un mauvais anglais (enfin, plus mauvais que le mien, c’est dire). Dans le salon, les employés nettoient et range tout. Il est près de minuit, je suis l’un des derniers clients. Plusieurs centimètres de cheveux en moins, il est temps de partir. Passage à la caisse. « Five hundred yuans », me sort mon coiffeur d’un air interrogateur. D'un coup, je le trouve moins sympa. 500 yuans ? Ha non, la y’a arnaque. Je rappelle ma masseuse qui passait dans le coin. Deux minutes de blablatage en chinois plus tard, le prix est redescendu à 175 yuans. Et encore, je sais que je me fais un peu arnaquer. Mais bon, le massage m’a fait tellement de bien que je vais même pas m’en plaindre…
Retour à l’appartement. « Salut Thierry, ça fait deux heures que t’es parti, t’étais où ? » me lance mon colloc. Ben, en train de me faire masser chez le coiffeur, pourquoi?
coiffeur