(Résumé des épisodes précédents : Thierry, sa copine et leur parents, en vacances en Chine pendant le nouvel an chinois, veulent aller de Hangzhou à Shanghai en train, pour prendre l’avion à l’aéroport de Shanghai).

Sur cette période là, la Chine a connue son pire épisode neigeux depuis un demi-siècle. Des mètres de neige dans le centre du pays. Voix ferrées coupées, pylônes électriques démolis, routes bloquées, pénuries énergétiques, pénuries alimentaires. Plusieurs dizaines (centaines, probablement) de morts dus aux effondrement de maisons sous le poids de la neige, aux accidents, au froid. Des régions entières bloquées. Des milliers de personnes coincées dans les gares ferroviaires et routières, campant sur place parfois pendant une semaine en attente d'un train, avec enfants et cadeaux du nouvel an soigneusement empaquetés.

Et nous.

Pour aller de Hangzhou à l’aéroport de Hongqiao, à Shanghai, le plus simple en temps normal est de prendre la navette directe. Problème. Routes bloquées par la neige: la navette ne circule pas. Tant pis, on reprend des billets de train. Heureusement, avec 20 trains par jours entre Shanghai et Hangzhou, on trouve des places. Le jour venu, on va à la gare.

Et la, une foule monstrueuse nous barre l’accès. La place devant la gare, ou quelques jours plus tôt on circulait sans problème, est noire de monde. L’entrée de la gare est bloquée : la ou normalement on trouve un gros passage ou peuvent passer 10 hommes de front, il y a des barrières plus hautes qu’un homme. Nouvel an chinois + tempêtes de neige : l’armée a été appelée à la rescousse. Pour éviter que la foule n’investisse la gare et ne prenne d'assaut les trains, elle en bloque l’accès.

La région est particulièrement touchée par les problèmes de circulation. Des milliers de personnes restent bloqués un peu partout en Chine dans les gares, leurs trains ne pouvant pas partir. Pour entrer dans la gare d’Hangzhou, il faut :

-traverser la foule (et quand je dis foule, imaginez le métro parisien en heure de pointe et en pleine grèves, et doubler le nombre de personne par deux)

-attirer l’attention d’un militaire en lui tapant sur l’épaule

-prouver que notre train part bientôt (coup de pot, la ligne Hangzhou-Shanghai n'est pas bloquée)

-passer à travers la file de militaires qui gardent la seule minuscule entrée de la gare (une personne à la fois).

Facile à faire quand est 6, qu’on parle mal chinois, et qu’en plus mes parents, en gros baroudeurs, on pris des valises à roulettes…

On avance dans la foule tant bien que mal. On discute avec un flic. On essai de passer. On nous refuse l’accès. On réessaie. Le flic nous indique un autre endroit. On essaye avec un militaire. Il nous dit de passer. Ok, on y va. Ha non, problème: on n’est plus que 4, deux d’entre nous sont partis vers l’endroit indiqué par le flic. On nous pousse pour passer, alors qu’on cherche toujours les manquants. On stress. Par chance, on se retrouve dans la foule. On passe tous dans la gare. Ouf, on est dans le train. On vient de vivre une situation de crise, sans vraiment sans rendre compte.

Pour nous, ça a duré quelques dizaines de minutes, et c’était déjà l’angoisse totale. Pour beaucoup de chinois, bloqués dans les gares, ces situations dureront plusieurs jours.

Arrivée à Shanghai, taxi jusqu’à l’aéroport.

Aéroport ou tous les panneaux annoncent que la plupart des vols sont retardés, ou annulés. La neige, toujours.

On attend. Le Sud est de la Chine est paralysé. Pour le centre, ou on va, finalement, ça va. En lisant le journal, j’apprends que moins d’une semaine plus tôt, l’aéroport de Zhengzhou, était paralysé par la neige. Coup de pot, on passe après la tempète. Sur place, il reste de la neige, mais le ciel est bleu, le temps très agréable. Ouf. On a survécu au nouvel an chinois sous la neige. On le refera pas deux fois, je pense.